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Le
Soir d'Algérie - 1er février 2007
Au
coeur du palais de Khdaouedj : une légende
Fès… Un manuscrit trouvé dans la médina, une maison bleue et un
halo de lune… Tout commence là et tout finit là. Le manuscrit et
la lune conduisent Nada, la narratrice, et Nassim, son compagnon
du Maroc, en Algérie… A Alger, une légende les capture, celle de
Khdaouej une jeune fille de la Casbah, fille de l’un des
derniers deys d’Alger. Quel est son secret ? Nada est persuadée
de pouvoir y répondre parce que dans le miroir du palais de
Khdaouedj, elle a vu un reflet, le sien ou celui de la jeune
fille.
Deux villes, Alger et Fès ! Surtout Alger. L’histoire d’une
femme va se confondre dans le mythe d’une légende construite
dans les dédales de l’histoire de La Casbah. En toile de fond,
Dar Khdaouedj El Ameya, ancien palais d’Ahmed Raïs construit en
1572, puis propriété de la fille du Dey Hassan Pacha au XVIIIe
siècle. Ce palais abrite actuellement le Musée national des arts
populaires. Catherine Rossi, une récidiviste, emportée par sa
passion pour l’Algérie, est de retour avec Par delà le miroir…
L’œuvre, qui paraîtra bientôt aux éditions Dalimen, sera
présente au Maghreb du livre de Paris, le 10 février prochain,
ainsi qu’au Salon du livre de Paris, prévu à la fin du mois de
mars.
Reconnu pour ses merveilles d’aquarelles, l’âme de cette artiste
a vibré très fort un jour alors qu’elle visitait le palais de
Khdaouedj. Saisi au cœur par une étrange émotion, Catherine
Rossi se lance dans une nouvelle aventure. A travers Khdaouedj,
c’est sa propre histoire qu’elle raconte, qu’elle livre avec
beaucoup d’émotion. Un travail sur elle-même additionné à une
légende qui, aujourd’hui, fascine encore. Khdaouedj, atteinte
par le phénomène de Narcisse, ou encore celle d’un amour
interdit, aurait perdu la vue à force de larmes et de tristesse.
Catherine Rossi a eu ce besoin, qu’il est impossible de définir,
pour s’identifier ou du moins d’identifier son histoire, ses
souffrances et son angoisse à celle de la fille du pacha. Un
conte romancé captivant bâti sur les fresques de l’art
romanesque arabe d’Alger juste avant l’invasion des troupes
françaises. Catherine Rossi nous offre un travail qu’elle a
souhaité pluriel et composite par rapport à la réalité du vécu.
Par delà le miroir… est à lire impérativement !
par Sam H.
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L'Expression
- 6 décembre 2006
L’ancolie dans les jardins de Kabylie
La beauté de cette fleur a le pouvoir exceptionnel de révéler le
parfait amour.
De cet amour calme et de douce odeur, on ne trouve rien ailleurs
évidemment si l’ancolie ne pousse d’abord dans notre propre
jardin. Ne serait-ce pas vraiment cela le sentiment extériorisé
par Catherine Rossi et Karim Takeznount dans leur très beau
livre Izri, images de Kabylie? D’un format (22x22) pratique et
agréable, sous une jaquette gracieuse, des écrits tout en poésie
subtile que l’on sent comme le parfum simple d’un pétale
d’ancolie et abondamment illustré (dessins au trait, croquis,
aquarelles, photographies), l’ouvrage, c’en est un, est
magnifique. Il est à la source de notre bonheur de lire et de
rêver à la profondeur des images qui s’y développent sous nos
yeux émerveillés, car ces images développent leur caractère en
de somptueuses peintures vivantes, page après page.
La couverture encadre, ou plutôt libère, une marine ouverte vers
l’infini...Oh! quel enchantement! C’est un appel silencieux vers
Izri, pépite singulière parmi les pépites fabuleuses de Kabylie.
Munissez-vous de vos sens et laissez-vous emmener vers ce qui
n’est pourtant pas un rêve, mais une réalité d’amour au naturel,
vers une de nos belles régions côtières, vers la séduisante et
historique Bidjâya/Bgayet/Bougie, l’ancienne Nâciriya du xie
siècle, prodigieuse capitale politique et culturelle d’alors, et
sa côte en partie sauvage, -non, point! Disons que cette partie
est d’une sauvage beauté, la côte étant encore originelle,
encore naturelle, toujours impressionnante, comme une soie
grège, -car la célèbre corniche, grâce à la soif joyeuse de la
vie de ses habitants et à la flamme libre de ses maisons, reste
tout entière humaine. Tout est charme dans cet univers aux
couleurs nourries de soleil et de silence, et de sagesse. Suivez
les guides.
Le double regard finement artiste de Catherine Rossi et Karim
Takeznount est capable de nous porter loin dans les profondeurs
de leur sensibilité respective regardant les êtres et les
choses, les femmes et les hommes, le ciel et les oiseaux, la mer
et la roche, la terre et la montagne. Ils s’installent ensemble:
elle, pour dessiner et écrire des poèmes; lui, pour
photographier une peinture vivante au naturel exceptionnel. Leur
sensation visuelle est vécue intensément avec un précieux accent
d’origine, -et la musique équilibrée, construite, monte, comme
un murmure plastique tout empreint de signifiance pure, de fonds
insoupçonnés offerts par une parfaite mais insaisissable
présence qui a quelque chose de particulier: c’est la Kabylie du
père de Karim et le pays dont Catherine est tombée amoureuse
définitivement.
Une sorte de communion profonde assure et rassure les deux
artistes sur l’évidence qu’il est des lieux où les regards, où
les paroles se rejoignent dans le besoin d’esthétique, de
simplement vivre d’amour et de respect mutuel. Et de tolérance.
Alors entrons lentement dans le livre, lisons les pages
délicatement écrites, dessinées et photographiées: nous avons
Izri, images de Kabylie. Voici des extraits de poèmes:
«Dans les nuages, on ne pense pas.
Mots répétés, Bougie, Tichy, quelques souvenirs en creux...
[...]
Je ne verrai rien.
Les nuages de Kabylie me gardent au secret
Ne découvrant que le ruban incandescent de la piste de Bgayet.
(Mer de nuages, sans rêve...)»;
«Ici,
C’est encore l’hiver, encore hier,
Terre inconnue, pour moi si secrète,
Montagnes au sens caché,
Bonheurs oubliés, malheurs mythifiés, censurés. Trop de sens,
trop de murmures calfeutrés,
La Kabylie aux routes sublimes, criblées d’histoires,
De résistances et de massacres, mémoire chantée, pleurée,
Contes terrifiants, chanteurs martyrs,...
[...]
Ici, il n’y a pas d’étranger.
Ici, je ne serai pas étrangère,
Tout juste étrangère, peut-être (Ici).»
Et voici d’autres images qu’il faut plutôt retrouver dans le
livre Izri, images de Kabylie de Catherine Rossi et Karim
Takeznount. En voici une très émouvante, la tombe de Saïd Mekbel,
page 200:
Des pierres blanches, arrondies,...
[...]
Des noms, des prénoms, des dates,...
[...]
Et puis la sienne, blanche, immaculée... (Pour Marie-Laure).
par Kaddour M’HAMSADJI
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