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El Ahram
Hebdo 2001

Dépêche de Kabylie
N° 887  21 juin 2005

Pratique d'Arts
N° 38

Le Soir d'Algérie
14 juin 2005

Qantara
N° 48
 

Qantara
N° 54

Telegrama de Melilla
Octobre 2004
 
 

Le Soir d'Algérie - 1er février 2007
Au coeur du palais de Khdaouedj : une légende

Fès… Un manuscrit trouvé dans la médina, une maison bleue et un halo de lune… Tout commence là et tout finit là. Le manuscrit et la lune conduisent Nada, la narratrice, et Nassim, son compagnon du Maroc, en Algérie… A Alger, une légende les capture, celle de Khdaouej une jeune fille de la Casbah, fille de l’un des derniers deys d’Alger. Quel est son secret ? Nada est persuadée de pouvoir y répondre parce que dans le miroir du palais de Khdaouedj, elle a vu un reflet, le sien ou celui de la jeune fille.
Deux villes, Alger et Fès ! Surtout Alger. L’histoire d’une femme va se confondre dans le mythe d’une légende construite dans les dédales de l’histoire de La Casbah. En toile de fond, Dar Khdaouedj El Ameya, ancien palais d’Ahmed Raïs construit en 1572, puis propriété de la fille du Dey Hassan Pacha au XVIIIe siècle. Ce palais abrite actuellement le Musée national des arts populaires. Catherine Rossi, une récidiviste, emportée par sa passion pour l’Algérie, est de retour avec Par delà le miroir… L’œuvre, qui paraîtra bientôt aux éditions Dalimen, sera présente au Maghreb du livre de Paris, le 10 février prochain, ainsi qu’au Salon du livre de Paris, prévu à la fin du mois de mars.
Reconnu pour ses merveilles d’aquarelles, l’âme de cette artiste a vibré très fort un jour alors qu’elle visitait le palais de Khdaouedj. Saisi au cœur par une étrange émotion, Catherine Rossi se lance dans une nouvelle aventure. A travers Khdaouedj, c’est sa propre histoire qu’elle raconte, qu’elle livre avec beaucoup d’émotion. Un travail sur elle-même additionné à une légende qui, aujourd’hui, fascine encore. Khdaouedj, atteinte par le phénomène de Narcisse, ou encore celle d’un amour interdit, aurait perdu la vue à force de larmes et de tristesse.
Catherine Rossi a eu ce besoin, qu’il est impossible de définir, pour s’identifier ou du moins d’identifier son histoire, ses souffrances et son angoisse à celle de la fille du pacha. Un conte romancé captivant bâti sur les fresques de l’art romanesque arabe d’Alger juste avant l’invasion des troupes françaises. Catherine Rossi nous offre un travail qu’elle a souhaité pluriel et composite par rapport à la réalité du vécu. Par delà le miroir… est à lire impérativement !

par Sam H.

 


L'Expression - 6 décembre 2006
L’ancolie dans les jardins de Kabylie

La beauté de cette fleur a le pouvoir exceptionnel de révéler le parfait amour.

De cet amour calme et de douce odeur, on ne trouve rien ailleurs évidemment si l’ancolie ne pousse d’abord dans notre propre jardin. Ne serait-ce pas vraiment cela le sentiment extériorisé par Catherine Rossi et Karim Takeznount dans leur très beau livre Izri, images de Kabylie? D’un format (22x22) pratique et agréable, sous une jaquette gracieuse, des écrits tout en poésie subtile que l’on sent comme le parfum simple d’un pétale d’ancolie et abondamment illustré (dessins au trait, croquis, aquarelles, photographies), l’ouvrage, c’en est un, est magnifique. Il est à la source de notre bonheur de lire et de rêver à la profondeur des images qui s’y développent sous nos yeux émerveillés, car ces images développent leur caractère en de somptueuses peintures vivantes, page après page.
La couverture encadre, ou plutôt libère, une marine ouverte vers l’infini...Oh! quel enchantement! C’est un appel silencieux vers Izri, pépite singulière parmi les pépites fabuleuses de Kabylie. Munissez-vous de vos sens et laissez-vous emmener vers ce qui n’est pourtant pas un rêve, mais une réalité d’amour au naturel, vers une de nos belles régions côtières, vers la séduisante et historique Bidjâya/Bgayet/Bougie, l’ancienne Nâciriya du xie siècle, prodigieuse capitale politique et culturelle d’alors, et sa côte en partie sauvage, -non, point! Disons que cette partie est d’une sauvage beauté, la côte étant encore originelle, encore naturelle, toujours impressionnante, comme une soie grège, -car la célèbre corniche, grâce à la soif joyeuse de la vie de ses habitants et à la flamme libre de ses maisons, reste tout entière humaine. Tout est charme dans cet univers aux couleurs nourries de soleil et de silence, et de sagesse. Suivez les guides.
Le double regard finement artiste de Catherine Rossi et Karim Takeznount est capable de nous porter loin dans les profondeurs de leur sensibilité respective regardant les êtres et les choses, les femmes et les hommes, le ciel et les oiseaux, la mer et la roche, la terre et la montagne. Ils s’installent ensemble: elle, pour dessiner et écrire des poèmes; lui, pour photographier une peinture vivante au naturel exceptionnel. Leur sensation visuelle est vécue intensément avec un précieux accent d’origine, -et la musique équilibrée, construite, monte, comme un murmure plastique tout empreint de signifiance pure, de fonds insoupçonnés offerts par une parfaite mais insaisissable présence qui a quelque chose de particulier: c’est la Kabylie du père de Karim et le pays dont Catherine est tombée amoureuse définitivement.
Une sorte de communion profonde assure et rassure les deux artistes sur l’évidence qu’il est des lieux où les regards, où les paroles se rejoignent dans le besoin d’esthétique, de simplement vivre d’amour et de respect mutuel. Et de tolérance.
Alors entrons lentement dans le livre, lisons les pages délicatement écrites, dessinées et photographiées: nous avons Izri, images de Kabylie. Voici des extraits de poèmes:

«Dans les nuages, on ne pense pas.
Mots répétés, Bougie, Tichy, quelques souvenirs en creux...
[...]
Je ne verrai rien.
Les nuages de Kabylie me gardent au secret
Ne découvrant que le ruban incandescent de la piste de Bgayet. (Mer de nuages, sans rêve...)»;

«Ici,
C’est encore l’hiver, encore hier,
Terre inconnue, pour moi si secrète,
Montagnes au sens caché,
Bonheurs oubliés, malheurs mythifiés, censurés. Trop de sens, trop de murmures calfeutrés,
La Kabylie aux routes sublimes, criblées d’histoires,
De résistances et de massacres, mémoire chantée, pleurée,
Contes terrifiants, chanteurs martyrs,...
[...]
Ici, il n’y a pas d’étranger.
Ici, je ne serai pas étrangère,
Tout juste étrangère, peut-être (Ici).»

Et voici d’autres images qu’il faut plutôt retrouver dans le livre Izri, images de Kabylie de Catherine Rossi et Karim Takeznount. En voici une très émouvante, la tombe de Saïd Mekbel, page 200:

Des pierres blanches, arrondies,...
[...]
Des noms, des prénoms, des dates,...
[...]
Et puis la sienne, blanche, immaculée... (Pour Marie-Laure).

par Kaddour M’HAMSADJI

 

 

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